Saint-Tropez aux Antipodes 1999-2009
1999-2009, les Rencontres Internationales du Cinéma des Antipodes ont passé le cap des dix d’existence grâce à la fidélité des tropéziens qui partent ainsi chaque année au bout du monde à la découverte du cinéma du pacifique sud et voyage à travers l’Australie, la Nouvelle Zélande et de temps en temps à coté comme cette année au Vanuatu, aux Iles Marquises et en Nouvelle Calédonie et voire même dans le sud de la France avec le documentaire de l’australienne Jane Oehr. Un festival qui malgré les difficulté s’est enrichi au fils des ans d’une section dédié au jeune public « Antipodes Junior », d’une section documentaire, d’une compétition de longs métrages, du Prix Nicolas Baudin choisi par les lycéens provençaux et de la mise en place de la gratuité des projections, initiative extrêmement rare dans le monde des festivals.
A contre courant du reste du monde, le cinéma australien et néo-zélandais est particulièrement dynamique et prolifique cette année. Une année où qualité et quantité sont au rendez-vous et augurent d’une 11ème édition des Rencontres Internationales du Cinéma des Antipodes qui rimera avec diversité, singularité, dureté, poésie, humour, sensibilité, découverte et grands espaces.
C’est grâce au soutien enthousiaste du Fond d’Amitié France Nouvelle-Zélande qu’après la création en 2008 du « Prix du Scénario Australien des Antipodes », cette année est celle de la Nouvelle- Zélande avec comme grande nouveauté l’ajout de la réciprocité, puisqu’au « Prix du Scénario Néo-Zélandais des Antipodes » décerné à Saint-Tropez par un jury présidé par Michel Fessler répondra un « Prix du Scénario Français des Antipodes » décerné par un jury présidé par Stuart McKenzie à Wellington en février 2010 lors de l’Ouverture du Festival du Film Français organisé par l’Ambassade de France en Nouvelle-Zélande.
Quant au jury, il sera présidé par le comédien australien Anthony Lapaglia celui de « The Bank », « Lantana », « Balibo », « FBI, Porté Disparu » la série de France 2. Un jury où l’on retrouvera le comédien Gregory Fitoussi (Sous Le Soleil), les comédiennes Susie Lindeman et Stéphane Audran ainsi que le journaliste à Europe 1 Bruno Cras. Un jury qui aura la dure tache de choisir parmi une demi douzaine de films australiens et néo-zélandais le Grand Prix des Antipodes ainsi que les révélations masculine et féminine des Antipodes.
Parmi les films en compétition, vous découvrirez cette année, l’étonnante aventure de pionniers australiens dans le remarquable « Lucky Country » de Kriv Stenders qui vous emmène au cœur du fameux bush australien, « The Strength Of Water », remarqué au Festival de Sundance, premier film tout en finesse de la réalisatrice néo-zélandaise Armagan Ballantyne, une comédie australienne à l’humour très noir mais si drôle avec « Accidents Happen » d’Andrew Lancaster, ainsi que le très romantique et lumineux « Belladonna » de Annika Glac. Dernier film de la compétition l’avant première exceptionnelle du sombre mais si remarquable « Samson et Delilah » du réalisateur aborigène Warwick Thornton, Caméra d’Or lors du dernier festival de Cannes.
Très attendu aussi et à ne pas rater, le nouveau film d’Ivan Sen « Dreamland », une plongée au cœur du Nevada dans cette nature souillée par les essais nucléaires américain, zone d’observation de nombreux OVNI mais aussi lieu propice l’introspection et à la quête de l’âme. Une avant première exceptionnelle vous attend le mardi soir, celle de « The Proposition » de John Hillcoat, une histoire situé à la fin du 19ème siècle, western épique, aux paysages grandioses et majestueux, porté par un casting de choc avec Guy Pearce, John Hurt, Ray Winstone et Emily Watson qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Sam Peckimpah. Autre film d’époque, aux paysages somptueux, plongée fascinante et quasi magnétique dans la forêt de la Tasmanie du 19ème siècle « Van Diemen’s land », un film atypique et âpre qui s’inspire de l’histoire vrai du bagnard Alexander Pearce. Une occasion aussi de rencontrer son jeune réalisateur Jonathan Auf der Heide. On retrouvera aussi parmi les longs métrages de cette 11ème édition, « 3 Acts of Murder », l’incroyable histoire de l’écrivain Arthur Upfield (publié chez 10/18) ou ce que l’idée génial d’un auteur peut avoir comme conséquence terrible, un excellent polar de Nash Edgerton « The Square », un classique parmi les classique « Return home » de Ray Argall et cela en sa présence. Et bien sur, le dernier film du festival rendra hommage au président du Jury Anthony LaPaglia avec « Lantana » en dernière séance.

La section Antipodes Junior, s’étoffe encore avec l’ajout d’un riche programme documentaire. D’autre part, on trouvera parmi les films proposés au jeune public, un très beau docudrame néo-zélandais « Rain Of The Children » de Vincent Ward qui plonge au cœur de l’histoire Maori poursuivant trente ans après l’aventure d’un premier film. « September » se passe en 1968, dans l’Outback australien et s’intéresse à deux adolescents de quinze ans, l’un d’origine aborigène, l’autre fils de fermier blanc qui voient leur amitié mise sous pression par les changements politiques et sociaux qui touchent l’Australie. « The Strength Of Water » est situé au cœur d’une famille Maori et raconte l’histoire de Kimi et Melody, jumeaux de 10 ans, qui se retrouvent séparés quand un mystérieux étranger arrive dans leur village isolé du bord de côte. Pour les plus petits, c’est le classique de la littérature australienne « Le Gâteau Magique » et son gentil koala qui les émerveillera. Enfin pour la quatrième année, c’est un jury constitué de près de 150 lycéens qui devra choisir le meilleur court métrage des antipodes et attribuer le 8ème Prix Nicolas Baudin. Un jeune public qui bénéficie ainsi de la présence de nombreux professionnels et d’un véritable travail pédagogique.


Les documentaires seront aussi très présents et bien plus nombreux que les années précédentes grâce à des projections matinales participant à Antipodes Junior et à un hommage en sa présence au réalisateur Ian Darling (« The Oasis », « In The Compagny of Actors », « Alone across Australia »). Nous retournerons en Nouvelle Calédonie en compagnie de Gilles Dagneau et de son formidable documentaire sur l’architecte Renzo Piano créateur de génie du Centre Tjibaou. Prolongement de l’exposition sur les Pôles, « Mawson , Life and Death in Antactica » nous entraîne sur la trace des explorateurs de l’impossible alors que « Tea With Madame Clos » nous ouvre la porte d’une très rafraîchissante villageoise du Lot sous le regard attentionné de l’australienne Jane Oehr qui sera d’ailleurs parmi nous. Avec le néo-zélandais « Trouble is My Business » et le Marquisien « Molière aux Marquises », ce sont dans des écoles du bout du monde bien surprenantes que nous nous rendrons. Enfin « Sevrapek city » nous emmènera au Vanuatu et « The Burning Season » en Indonésie à la sauvegarde de notre planète. Et c’est la caméra de Chantal Perrin donnera la touche musicale du festival avec « Graeme Allwright, Pacific Blues ».
La soirée d’ouverture sera comme une ode délicieuse aux comédiens grâce au nouveau film de Toa Fraser « Dean Spanley » qui réunit pour notre plus grand plaisir l’immense Peter O’Toole (« Laurence d’Arabie ») , le distingué magnifique Sam Neill (« Jurassic Park ») et le très australien Brian Brown (« Australia »). Enfin, c’est avec l’avant première du sublime « Bright Star » de Jane Campion que nous clôturerons le festival, un chef d’œuvre de poésie et de beauté et l’émergence d’une star, la sublimissime et inoubliable Abie Cornish (« Somersault », « Candie »).
Outre le cinéma, le festival sera aussi l’occasion de découvrir à l’Ambassade du Tourisme de nouvelles expositions qui nous emmèneront aux confins de la terre, aux Pôles. Les Editions Paulsen, qui viennent de publier l’ouvrage original de l’explorateur australien Douglas Mawson, présenteront une superbe collection de photos de Frank Hurley prisent dans l’Antarctique à l’occasion de l’expédition Mawson en 1912. Et c’est avec de magnifiques photos polaires que l’artiste australienne le Dr Lisa Anderson nous fera découvrir l’autre pôle, l’Arctique.
Alors, n’hésitez pas à investir la Place des Lices, le meilleur du cinéma australien et néo-zélandais vous y attend pour une semaine de découvert du cinéma des pays du bout du monde.
Bernard Bories
Président de Cinéma des Antipodes



